Dans deux mois exactement débutera le sommet de Copenhague sur le climat de notre planète. En Chine, aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud, en Australie, des armées de diplomates sont à pied d’œuvre pour négocier la suite du protocole de Kyoto, afin de réduire drastiquement les émissions des gaz à effet de serre des pays développés ou en voie de développement — cf précédent billet au Conseil de l’Europe.
Pendant ce temps, à Beckerich, au cœur de la vieille Europe, à la frontière belgo-luxembourgeoise, une bourgade de 2.300 habitants a déjà réalisé l’essentiel du chemin vers son autonomie énergétique :
- 90% de la consommation d’électricité des habitants est réinjectée dans le réseau par l’installation massive de panneaux photovoltaïques et par une coopérative d’agriculteurs transformant leur biomasse (fumier, lisier et autres déchets) en méthane pour alimenter un groupe électrogène de 500 kW revendus à la compagnie luxembourgeoise d’électricité — voir le site agricomethane.eu.
- profitant de la chaleur de cette centrale électrique (co-génération), 40% des habitants de Beckerich déjà raccordés bénéficient d’un réseau de chaleur domestique (chauffage & eau chaude sanitaire) grâce à l’appoint d’une chaudière à bois high-tech et d’un réseau de distribution de chaleur en construction, dont la commune est maître d’œuvre — 2.300 euros de raccordement, les habitants pas encore raccordés s’impatientent !
Camille Gira, député & bourgmestre de la commune, artisan visionnaire de cette réalisation exemplaire, nous en dit plus :
Cerise sur le gâteau, le réseau de chauffage urbain en cours d’installation (50% des habitants sont déjà raccordés) est doublé d’un réseau Internet à très haut débit par fibre optique afin d’attirer à Beckerich des entreprises du secteur tertiaire à haute valeur ajoutée, dans un bâtiment à ossature bois et à basse énergie, chauffé par un puits canadien…
Camille Gira apporte la preuve qu’une collectivité locale peut prendre toute sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour l’autonomie énergétique et de façon exemplaire. Dans les réunions publiques qu’il organise avec les habitants, le bourgmestre interroge : « De qui voulez-vous dépendre pour votre énergie, des cheiks arabes ou des agriculteurs de la commune ? ». Leur choix est unanime et désormais, les habitants de Beckerich arborent fièrement, sur une plaque scellée à l’entrée de leur domicile : « Mir hunn energie ! » – « Nous avons l’énergie ! »
Tous les détails dans cette vidéo (16 minutes) :
envoyé par imagiterre. – L’info internationale vidéo.
Grand merci à Ludovic Collin et au MoDem Luxembourg d’avoir organisé cette rencontre.
