Le Christkindelsmärik à Tokyo

Cette année, le marché de Noël de Strasbourg s’exporte à Tokyo. L’édition régionale « Rund um » de France 3 Alsace y a consacré quatre émissions spéciales – 4 fois 5 minutes :

Épisode 4 – Un Alsacien chez les Nippons – jeudi 31 décembre
Épisode 3 – Une famille en or… gues – mercredi 30 décembre
Épisode 2 – Le Tokyo de Jacques Peter – mardi 29 décembre
Épisode 1 – Le Christkindelsmärik à Tokyo – lundi 28 décembre

Sayônara !

Le marché de Noël de Strasbourg à Tokyo

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Regard démocrate sur le fiasco de Copenhague

Il faudra s’interroger sérieusement sur les véritables causes de ce fiasco planétaire.

Après vingt ans de débat scientifique entre climatologues, deux ans de préparation active, des mois de négociations diplomatiques, le sommet de Copenhague accouche in extremis d’un texte de 3 pages, dépourvu du moindre engagement contraignant, sans même aucun objectif chiffré pour la réduction de nos émissions de CO2 !
Tout ça pour ça…

Je repense à l’avertissement de Michel Rocard lors du forum d’Europe Écologie : aucun espoir d’accord si les objectifs ne sont pas clairs. La réduction des émissions de CO2 est-elle un objectif partagé ? Quand on voit la part belle réservée au « marché du carbone » dans le triste « accord », on peut en douter…

Je repense au principe d’équité défendu par François Bayrou lors du forum d’Europe Écologie. Aucun accord ne sera accepté s’il n’est pas équitable à l’égard des pays pauvres. La comptabilité des émissions de CO2 par tête d’habitant est la seule base de discussion possible entre les pays développés et les pays émergents. On en est encore loin, très loin…

Je repense au coup de gueule de Brice Lalonde sur les accords REED (comptabilité des forêts comme puits de carbone) qui a sans doute sauvé l’honneur de la France et de l’Europe en dénonçant un projet de comptabilité « complaisante voire frauduleuse » initié par la présidence suédoise de l’Union européenne et qui faisait la part belle aux pays forestiers d’Europe, au détriment des pays du Sud.

Ce soir sur TV5 Monde, François Bayrou tirait un bilan assez juste de Copenhague, pointant les excès médiatiques, l’absence de l’Europe et rappelant aussi toute l’importance des autres sujets environnementaux dans le Monde : l’accès à l’eau, le problème des déchets dans les mégapoles à la démographie galopante, la faim et l’accès aux soins des plus élémentaires.

Il est temps qu’une écologie responsable et raisonnée prenne le pas sur les discours catastrophistes de l’urgence climatique qui nous ont mené à ce fiasco…

Internationales – TV5 Monde avec F. Bayrou :

Internationales TV5 – 20 décembre 2009 – François Bayrou

PJ : projet d »accord » du 18 décembre à Copenhague (PDF 3 pages)

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« Préparons Arras » et économisons du papier : le document de travail en 7 livrets de poche

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Pour les adeptes du format « poche », le document préparatoire du congrès d’Arras est disponible ici en sept livrets – un livret par chapitre.

Avantage : 4 fois moins de papier (19 feuilles pour 76 pages) avec une vraie reliure en prime – pour qui veut bien s’armer d’un peu de patience, d’un peu de fil et d’une aiguille 😉

Mode d’emploi pour imprimantes NON recto/verso :

  1. Ouvrir le PDF de chaque livret-chapitre (ci-dessous)
  2. Imprimer les pages impaires
  3. Retourner les feuilles*
  4. Imprimer les pages paires
  5. Plier le paquet de feuilles en 2 pour obtenir un livret

* deux précautions sont à prendre en retournant les feuilles :
1 – ne pas changer l’orientation du texte : les jambages des lettres doivent toujours rester orientés dans la même direction
2 – s’assurer que la 1ère feuille imprimée du verso corresponde bien à la 1ère feuille imprimée du recto car certaines imprimantes laser retournent les feuilles avant leur sortie. Il faut dans ce cas les rétablir dans le bon ordre. En principe, pas de problème pour les imprimantes à jet d’encre qui sortent toujours les feuilles avec la face imprimée vers le haut.

Pour les imprimantes recto/verso, c’est + simple : imprimer directement et plier les feuilles, ensemble, pour obtenir un livret.

Les livrets à télécharger sont ici :

Préparons Arras Livret 1 et introduction : valeurs de société
Préparons Arras Livret 2 : dévlpmt économique et social durable
Préparons Arras Livret 3 : gouvernance
Préparons Arras Livret 4 : éducation
Préparons Arras Livret 5 : territoires
Préparons Arras Livret 6
: Europe et international
Préparons Arras Livret 7 et fin
: vivre ensemble

NB : Certaines imprimantes laser haut-de-gamme offrent cette fonctionnalité en standard mais les imprimantes personnelles en sont généralement dépourvues. Les PDF ci-dessus sont prêts à être imprimés sur n’importe quelle imprimante standard. L’imposition des pages (2 pages par feuille, dans un désordre apparent) est prévue pour obtenir un livret format A5 en pliant chaque paquet de feuilles en deux. Les pages paires et impaires se retrouvent alors en vis-à-vis, dans le bon ordre de la pagination.

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Nanotechnologies : le débat public tournera-t-il au débat d’experts ?

Strasbourg accueillait jeudi la 1ère séquence du débat public national sur la nanotechnologies.

Initié par Jean-Louis Borloo et Chantal Jouanno à la suite du Grenelle de l’environnement, ce tour de France a pour objectif d’organiser « un débat large et transparent sur les risques et les conditions de développement des nanotechnologies » — voir lettre de mission du 29 février.

Jeudi soir au Palais de la Musique et des Congrès, la commission ah-hoc (CNDP) ouvrait le débat devant un public plus que clairsemé (200 personnes environ) et dans une certaine confusion — une banderole dénonçant une parodie de débat et appelant au boycott avait été déployée. Le président de la CNDP, Jean Bergougoux – l’ancien DG d’EDF – a bien contrôlé ce premier dérapage en tendant le micro aux contestataires : ils se sont exprimés et sont aussitôt repartis.

La longue soirée de « débat » s’ouvrait sur les enjeux économiques et scientifiques des « nanotechnologies » : un marché estimé à 1.800 milliards d’euros d’ici 2015 avec des millions d’emplois à la clé, selon certaines sources. On retient par exemple l’exposé spectaculaire du Dr Khalil Zahouily, fondateur de Photon & Polymers à Lutterbach (67 – Bas-Rhin).

À ce stade du débat, les risques des nanotechnologies n’étaient évoqués qu’en pointillé et de façon vague ou allusive. Dans le public, les nombreux initiés ou spécialistes des nanotechnologies n’auront sans doute pas appris grand-chose de ces 3 premières heures de « débat », tandis que les non-initiés se décourageaient, attendant depuis plus de 3 heures un exposé clair et précis sur les risques environnementaux et sociétaux liés aux nanotechnologies…

La salle se vidait tranquillement et il fallut attendre 22 heures passées pour que s’ouvre le 1er débat « politique » en présence de deux élus : Sandrine Bélier, député européen et un conseiller régional… d’Île-de-France ! Le débat s’engageait sur un ton polémique, les élus reprochant aux organisateurs la mauvaise organisation de la soirée. Le public des non-initiés continuait à prendre son mal en patience : aucun effort de pédagogie ou de vulgarisation — pas même de la part des élus ! Des allusions permanentes aux débats internes du Grenelle de l’Environnement et aux textes législatifs en préparation, rendaient les échanges particulièrement hermétiques voire incompréhensibles pour les non-spécialistes encore présents à cette heure avancée de la soirée…

Au fil des débats, le public était invité à poser ses questions par écrit et quelques minutes plus tard, ces questions tournaient en boucle sur les écrans géants de l’auditorium Albert Schweitzer. Généralement, les questions techniques ou économiques trouvaient des réponses immédiates. Tandis que les interrogations sur les risques et les questions de gouvernance étaient le plus souvent « enregistrées » et promises à une réponse ultérieure, après consultation des huits ministères concernés (sic).

Le lendemain du débat, j’ai reçu un mail de M. Bergougnoux qui accusait réception de mes deux questions :

Il y avait une question de néophyte :

Quelle est la nature exacte des risques liés à l’usage ou à la simple présence de nano-matériaux dans notre environnement quotidien ?

Il y avait une question plus politique :

N’est-il pas illusoire de prétendre éclairer l’opinion publique en rassemblant sous le terme générique de « nanotechnologies », des procédés ou des matériaux dont les usages et les finalités sont aussi différents ? Les Romains faisaient déjà des « nanotechnologies » sans le savoir…

Si le terme « nanotechnologies » peut sembler profitable au marketing financier et politique — pôle de compétitivité « nano », fonds d’investissement « nano », le marché futur des « nanos », les millions d’emplois « nano » à la clé, etc. –, ne risque-t-on pas d’installer la confusion dans l’esprit du public en mélangeant sous ce terme des secteurs d’activité aussi hétérogènes que la cosmétique, l’isolation, la radio-fréquence, la résistance des matériaux, les médicaments, [maj] l’armement [/maj], les semi-conducteurs, le traitement des surfaces, etc. ?

Je ne manquerai pas de vous informer ici des réponses reçues.

Mise à jour : Voir aussi les Cahiers d’acteurs sur le site de la CNDP dont certains sont tout à fait remarquables, clairs et… pédagogiques.

Pour vous faire une idée, voici la vidéo élaborée par la Commission nationale du débat public à la suite de son premier « débat » à Strasbourg.

http://www.dailymotion.com/video/xavmn8
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À Beckerich (Luxembourg), 2.300 âmes en route vers l’autonomie énergétique

Dans deux mois exactement débutera le sommet de Copenhague sur le climat de notre planète. En Chine, aux États-Unis, en Europe, en Amérique du Sud, en Australie, des armées de diplomates sont à pied d’œuvre pour négocier la suite du protocole de Kyoto, afin de réduire drastiquement les émissions des gaz à effet de serre des pays développés ou en voie de développement — cf précédent billet au Conseil de l’Europe.

Pendant ce temps, à Beckerich, au cœur de la vieille Europe, à la frontière belgo-luxembourgeoise, une bourgade de 2.300 habitants a déjà réalisé l’essentiel du chemin vers son autonomie énergétique :

  • 90% de la consommation d’électricité des habitants est réinjectée dans le réseau par l’installation massive de panneaux photovoltaïques et par une coopérative d’agriculteurs transformant leur biomasse (fumier, lisier et autres déchets) en méthane pour alimenter un groupe électrogène de 500 kW revendus à la compagnie luxembourgeoise d’électricité — voir le site agricomethane.eu.
  • profitant de la chaleur de cette centrale électrique (co-génération), 40% des habitants de Beckerich déjà raccordés bénéficient d’un réseau de chaleur domestique (chauffage & eau chaude sanitaire) grâce à l’appoint d’une chaudière à bois high-tech et d’un réseau de distribution de chaleur en construction, dont la commune est maître d’œuvre — 2.300 euros de raccordement, les habitants pas encore raccordés s’impatientent !

Camille Gira, député & bourgmestre de la commune, artisan visionnaire de cette réalisation exemplaire, nous en dit plus :

Voir la vidéo

Durée : 2:00 | Images : K.Landaburu / France 24

Cerise sur le gâteau, le réseau de chauffage urbain en cours d’installation (50% des habitants sont déjà raccordés) est doublé d’un réseau Internet à très haut débit par fibre optique afin d’attirer à Beckerich des entreprises du secteur tertiaire à haute valeur ajoutée, dans un bâtiment à ossature bois et à basse énergie, chauffé par un puits canadien

Camille Gira apporte la preuve qu’une collectivité locale peut prendre toute sa part dans la lutte contre le réchauffement climatique, pour l’autonomie énergétique et de façon exemplaire. Dans les réunions publiques qu’il organise avec les habitants, le bourgmestre interroge : « De qui voulez-vous dépendre pour votre énergie, des cheiks arabes ou des agriculteurs de la commune ? ». Leur choix est unanime et désormais, les habitants de Beckerich arborent fièrement, sur une plaque scellée à l’entrée de leur domicile : « Mir hunn energie ! » – « Nous avons l’énergie ! »

Tous les détails dans cette vidéo (16 minutes) :

BECKERICH, en route vers l’autonomie énergétique
envoyé par imagiterre. – L’info internationale vidéo.

Grand merci à Ludovic Collin et au MoDem Luxembourg d’avoir organisé cette rencontre.

in Le Monde du 24 juin 2008, page trois
[ cliquer pour agrandir ]

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Un monde sans arme nucléaire : « Yes we can. »

Six mois après ses discours de Strasbourg et de Prague où il affirmait sa volonté d’avancer vers un monde sans arme nucléaire, Barack Obama vient de recevoir le Prix Nobel de la paix.

Lors de sa rencontre avec 4.000 étudiants, à Strasbourg le 3 avril, cette phrase de Barack Obama m’avait un peu sidéré (3:30 à 3:50) et je m’étonnais qu’elle passât presqu’inaperçue. Trois jours plus tard à Prague, les choses étaient beaucoup plus claires (4 min) :

Image de prévisualisation YouTube

Le comité Nobel souligne « avoir attaché beaucoup d’importance à la vision et aux efforts d’Obama en vue d’un monde sans armes nucléaires ».

Le 6 avril à Prague, Barack Obama soulignait la responsabilité particulière des États-Unis d’Amérique : “ Comme seule puissance nucléaire à avoir utilisé ces armes, les États-Unis ont une responsabilité morales ” .
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Lettre ouverte à Jean-François KAHN, député européen démissionnaire

Cher JFK,

Hier matin, le journal L’Alsace m’apprenait que vous étiez démissionnaire du Parlement européen. Tenir parole à l’égard de Nathalie Griesbeck vous honore.

Toutefois,

Reste à savoir si faire élire des démissionnaires est une stratégie électoralement payante pour un mouvement politique ? J’en doute très sérieusement, pour ma part.

Parmi les 205.009 électeurs du Grand-Est qui vous fait confiance, bien peu avaient connaissance de cet engagement entre Nathalie Griesbeck et vous-même. Vous ne l’avez jamais annoncé spontanément lors de vos meetings, sauf à répondre aux questions insistantes de quelques journalistes, un peu gêné, lors des conférences de presse.

Pour l’éthique démocratique, il aurait mieux valu que Nathalie Griesbeck conduise elle-même votre liste, dans ce cas.

Car je connais personnellement des électeurs qui ont voté POUR le MoDem parce que VOUS conduisiez cette liste ; ils auraient voté pour quelqu’un d’autre, autrement. Et je connais personnellement aussi, d’autres électeurs qui N’ONT PAS voté MoDem parce que la liste n’était pas conduite par notre députée sortante, Nathalie Griesbeck.

Alors respectons les uns et les autres.
Respectons le suffrage populaire, si ce n’est pas trop demander !

Dans une démocratie représentative, mieux vaut respecter le résultat qui sort des urnes. Chercher à tromper les électeurs en leur proposant des têtes d’affiche démissionnaires ne mène à rien… Sauf à donner raison aux abstentionnistes qui sont déjà 60% ! Et même 80% chez les plus jeunes… Qui dit mieux ?

La démocratie ne sort pas grandie de ce genre de confusion.

Votre décision est-elle sans appel ? J’ose croire que non.

Pourquoi ne pas céder votre place à Nathalie Griesbeck en milieu de mandat ?

Pourquoi ne pas en profiter pour innover en constituant, tous les deux, tour à tour, des binômes avec vos colistiers, Yann et Odile par exemple ?

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Robert Schuman et Strasbourg : morceaux choisis de la Conférence nationale du 23 mai 2009

Dans un précédent billet, je livrai quelques morceaux choisis de la Conférence nationale du 23 mai. Comme annoncé dans ce billet, voici les vidéos du discours de clôture.

Au début de la 1ère partie, dans les 5 premières minutes, Strasbourg, capitale parlementaire de l’Europe. Le verbatim est en dessous des vidéos.

En fin de 1ère partie, vers la minute 17, l’hommage appuyé à Robert Schuman et au discours du Salon de l’Horloge, le 9 mai 1950. Relayé par l’hommage à Jean Monnet au début de la 2ème séquence vidéo.

2ème partie :


Verbatim « Strasbourg »

Je veux vous dire à quel point je suis fier de ce que nous avons assumé et qui est un profond renouvellement des visages, des parcours de ceux qui vont nous représenter à Strasbourg et à Bruxelles.

Au passage, permettez-moi de dire qu’il n’y a qu’une seule équipe qui défende réellement la présence et, s’il le faut, la présence renforcée du Parlement européen à Strasbourg. Tous les autres ou bien se taisent et n’en parlent pas, ou bien font ouvertement campagne pour que le Parlement européen soit déménagé de Strasbourg à Bruxelles.

Strasbourg, symbole de la paix en Europe, symbole de la représentation des peuples européens, est la capitale européenne et doit demeurer le siège du Parlement européen

Je voudrais simplement rappeler, devant vous, qu’il y a, pour moi, pour nous, trois raisons profondes de rappeler ou d’exiger que le Parlement européen siège à Strasbourg et, s’il le faut, siège plus encore qu’il ne le fait aujourd’hui.

La première, on a l’air de l’oublier, mais je ne l’oublie pas, c’est que les pères fondateurs ont inscrit Strasbourg dans le traité et ce n’est pas par hasard. C’est parce que, symboliquement -et pour moi vous savez combien les symboles sont importants- il était crucial, il était de fondation pour l’Europe de placer le siège de son parlement au lieu qui avait été le plus déchiré, le plus blessé, le plus lacéré par les guerres qui venaient de s’écouler et dont on voulait sortir.

Strasbourg est un symbole qui dit l’essentiel de la première étape de l’Europe, qui est la paix.

Deuxièmement, il est très important pour la France que Strasbourg assume ce rôle-là. C’est très important pour l’Alsace, n’est-ce pas Yann Wehrling, c’est très important pour notre pays de continuer à non seulement revendiquer mais à prouver que nous avons ainsi cette aspiration.

Troisièmement, je sais bien que c’est un argument qui n’est jamais utilisé mais je voudrais le formuler devant vous : parce que cela montre que la logique de représentation des peuples n’est pas exactement la même que celle des institutions qui représentent le gouvernement, ou qui représentent la Commission européenne. Je trouve très important pour l’avenir qu’il y ait une sensibilité politique, en France et ailleurs en Europe, qui revendique que la logique de représentation des peuples dans les décisions européennes soit reconnue à part entière, et que plus personne ne puisse confondre, comme on le fait habituellement, Bruxelles et Strasbourg. Parce que je considère qu’aux États-Unis, par exemple, cela a fait un très grand mal aux institutions fédérales d’être toutes ensemble localisées à Washington.

Je trouve indispensable que les peuples aient une capitale et que cette capitale soit Strasbourg. C’est symboliquement important pour notre pays et décisif pour l’avenir de l’Europe et la représentation que les citoyens s’en font peut-être.

C’était une parenthèse, mais je voulais l’ouvrir au début puisque cela venait ainsi dans mon propos. (…)


Verbatim « Robert Schuman »

Le premier message est un message à ceux qui vont construire l’Europe. C’est un message pour leur dire : l’Europe dont nous avons besoin est une Europe qui croit en elle, et si elle croit en elle, alors elle croira en nous. L’Europe dont nous avons besoin est une Europe qui quitte les rivages dans lesquels elle s’est enfermée pendant trop longtemps.

Je le dis à cette tribune qui a été -c’est une métaphore mais après tout- celle des fondateurs de l’Europe. Ici, se sont exprimés les fondateurs de l’Europe. Ici, se sont exprimés des hommes… Si j’avais à faire un panthéon du siècle, je les mettrais en premier. Je mettrais au panthéon du siècle, en premier, Robert Schuman.

Je voudrais vous dire pourquoi. Chez tous les hommes d’État, chez tous les hommes d’histoire, il y a -et c’est normal- une part de haute idée d’eux-mêmes. Le général de Gaulle avait une haute idée de lui-même, Winston Churchill avait une haute idée de lui-même, et je pourrais continuer et faire le tour, il y en a un certain nombre qui ont changé la face du monde qui avaient une haute idée d’eux-mêmes. Robert Schuman est le seul que je connaisse qui ait changé le monde en ayant une idée humble, modeste, assumée de lui-même. C’est assez rare, me semble-t-il, pour qu’on le note et que l’on s’en souvienne.

Je ne fais aucun reproche à ceux qui ont une haute idée d’eux-mêmes… Je considère que c’est un devoir dans une vocation, que de penser que l’on ne va pas donner sa vie à de petites choses. On va la donner à de grandes choses, mais plus grands encore dans l’ordre de l’humanité sont ceux qui donnent leur vie à de grandes choses en se considérant eux-mêmes comme peu de chose.

Je n’en connais qu’un seul de cette espèce, et c’est pourquoi je le mettrai en premier. C’est donc Robert Schuman qui venait, le 9 mai 1950, prononcer des paroles d’histoire, des paroles définitives, à l’échelle des siècles, pour lancer la plus grande aventure que des peuples libres aient jamais connue entre eux, et qui en même temps, venait avec son petit sandwich glissé dans sa serviette, dans son papier d’aluminium comme on disait à l’époque et qui mangeait son sandwich dans le train, sans garde du corps. Au fond, il venait faire de très grandes choses avec le plus petit et le plus modeste viatique.

Cela venait de ce que, je crois, pour autant que l’on puisse en juger, ce n’était pas seulement un grand esprit, c’était aussi une grande âme. Pour moi, à un certain moment de l’histoire, l’âme pèse quelque chose. C’est pourquoi je trouve que, dans cette famille, nous ne devons jamais perdre -c’est la seule photo que j’aie dans mon bureau- le souvenir de Robert Schuman. Nous sommes la famille des fondateurs de l’Europe. (…)

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L’Événement du Jeudi, ou ma 1ère tentation capitaliste

« 12 mai 1983 : décision de créer un journal ». Ainsi se terminait le premier livre de Jean-François Kahn que j’aie lu : Et si on essayait autre chose ?

JFK, journaliste ? « Par hasard » avouait-il en introduction. « (…) C’est depuis ce poste-là que je tente de faire avancer ma propre réflexion. Aussi, depuis le 10 mai 1981, ai-je tenu un journal régulier qui m’a permis de clarifier, au rythme des événements, ma propre analyse de l’évolution politique à laquelle la France était confrontée. Autrement dit, en cherchant à comprendre ce qui se passait, j’ai essayé de préciser un peu les grandes lignes de ce que j’aurais espéré qu’il se passât. »

Quelques mois plus tard, Jean-François Kahn lançait une souscription publique pour créer un nouveau journal, indépendant, L’Événement du Jeudi. À cette époque, l’empire Hersant-Dassault vampirisait la presse nationale et régionale – acquisition du Progrès, du Dauphiné, etc. Le Matin battait de l’aile, le Quotidien de Paris connaissait ses derniers forts tirages.

En créant l’Événement, JFK dépassait le statut du journaliste. Il devenait un citoyen engagé face à la concentration grandissante de la presse, un acteur responsable pour garantir l’indépendance de la presse en France, avec les moyens du bord… Répondant à son appel, j’investissais mes maigres économies d’étudiant – j’avais tout juste 20 ans – en devenant actionnaire fondateur de l’Événement du Jeudi.

JFK et moi 😉 on est de ce libéralisme-là : celui d’une société équilibrée où chaque Abus de pouvoir doit être contrebalancé par un contre-pouvoir. De ce capitalisme rhénan où la démocratie sociale est préférée à l’interventionnisme impotent de l’État. De la démocratie libérale de Tocqueville où le mérite de l’entrepreneur primera toujours sur l’héritage aristocratique. Où les lois anti-trust sont célébrées pour garantir le bon fonctionnement des marchés. Où Montesquieu est réinventé pour garantir la séparation de tous les pouvoirs sans exception, y compris le pouvoir économique, y compris le pouvoir médiatique.

Bref, une démocratie libérale aux antipodes de notre actuelle République des avocats d’affaires, détestable, écœurante.

Illustration : premier numéro de l’Événement du Jeudi, 8 novembre 1984.

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Mémo du jour sur l’Histoire européenne :
Le Conseil de l’Europe de 1948 à 1950.
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3 milliards d’€uros vont partir en fumée, chaque année…

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Jacques Chirac en avait rêvé, Nicolas Sarkozy l’a fait : le 1er juillet, la TVA sur la restauration va baisser de 19,6 à 5,5%.

On nous promet la baisse du prix du Petit noir, de la bouteille d’eau minérale — la carafe d’eau reste au même prix — et du menu ou du plat du jour si j’ai bien compris — rien sur le reste, apparemment — ainsi que 40.000 emplois créés.

Formidable. Le premier qui voit baisser le prix du Petit noir me fait signe… Et 3 milliards pour financer 40.000 emplois, ça ne fait rien que 75.000 euros par emploi créé et par an, si je sais encore compter. Excusez du peu…

Rarement vu réforme fiscale aussi absurde que celle-là. Ce sera une des plus coûteuses aussi, pour le contribuable, car ces 3 milliards de TVA perdus étaient en grande partie payés par les 80 millions de touristes qui visitent chaque année notre beau pays.

Si notre ministre de l’économie et des finances avait un peu de plomb dans la cervelle, ça ne nuirait pas aux intérêts des contribuables. D’ailleurs, Christine Lagarde m’a semblé un peu mal à l’aise, limite gênée devant cette ovation spontanée qu’elle a reçue de la corporation des restaurateurs… Un peu comme si cette baisse de TVA était une figure imposée par l’UMP (je veux dire… vous savez qui…) en raison d’une ancienne promesse électorale faite à ce puissant relai d’opinion que sont les cafetiers et les restaurateurs.

Effet collatéral : les produits alimentaires qui ne bénéficient pas du taux réduit dans le commerce de détail (comme le caviar par exemple) verront leur taux TVA baisser de 19,6 à 5,5% de facto, dès lors qu’ils seront servis dans un restaurant — voir l’image.

En revanche, aucun effet n’est attendu sur la restauration rapide et sur la vente à emporter qui constituent pourtant l’essentiel des modes de ravitaillement à la pause déjeuner, pour les plus modestes et les plus pressés.

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Vignette ‘Histoire de l’Europe’ du jour : le Congrès de La Haye du 7 mai 1948 — dit jadis Congrès de l’Europe — voir ici témoignage vidéo de Jean-Pierre GOUZY, ancien président de l’Association des Journalistes européens, vice-président de la Maison de l’Europe à Paris, jeune journaliste et militant européen, présent à ce Congrès. Voir aussi sur la Wikipedia et sur European Navigator.

Voir la vignette sur le blog d’origine

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